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Valls : une occasion manquée… de se taire!

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Quatre députés socialistes Christophe Caresche, Jean-Marie Le Guen, Gaëtan Gorce et Manuel Valls ont voulu faire les malins en déclarant qu'ils avaient voté contre une réforme de la Constitution qu'ils trouvaient positive.

Ils sont quatre députés socialistes à trouver que le verre de la Constitution était à moitié plein et non à moitié vide. Alors, pour protester contre l'archaïsme et le climat d'intolérance régnant, selon eux, dans leurs rangs, ils ont respecté la discipline de vote tout en expliquant dans une tribune intitulée «Une occasion manquée», publiée par Le Monde, tout le bien qu'ils pensaient de la réforme. Une démarche qui procure le plus vif plaisir aux journalistes politiques, parce qu'elle conforte leur (pauvre) idéologie.
Pour un journaliste politique moyen, il y a la vérité et la langue de bois. La vérité est que peu ou prou, la politique ne peut plus grand-chose pour rien ; en conséquence, les hommes et les femmes politiques ne peuvent plus s'opposer que sur des choses secondaires : les droits des citoyens, la liberté des moeurs, les simplifications administratives, etc. Un journaliste politique moderne considère donc que la langue de bois consiste, pour un homme ou une femme politique, à faire comme si les clivages politiques existaient toujours. Hostile à ce comportement «ringard», les journalistes politiques sont donc heureux de féliciter ceux qui, tels Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, Christophe Caresche et Gaëtan Gorce, jouent la carte de la modernité décomplexée. Dans les années 1980, les journalistes politiques avaient salué la démarche des rénovateurs de la «bande à Léo» (François Léotard). Aujourd'hui les quatre mousquetaires socialistes ont adopté la même stratégie. Nul doute qu'elle plaira aux médias, comme l'annonce l'hyper-présence de Manuel Valls dans les journaux, les télés et les radios ces jours derniers. Aujourd'hui même, mercredi 23 juillet, France Inter a eu le réflexe de l'inviter pour son interview matinale:


Pourtant, il y a deux jours à peine seulement, Manuel Valls avait déjà été l'invité de RTL sur le même sujet :


Le Monde, RTL, France Inter. En une semaine, Valls a donc réalisé un grand chelem médiatique.
Pourtant, sur le fond, c'est-à-dire sur le projet de Constitution, l'article des quatre élus socialistes est plus que critiquable :
1) Ils écrivent que «le Président de la République ne gagne aucun pouvoir nouveau, hormis celui de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès.» Celui, par exemple, de désigner le président de France Télévision ne constitue donc en rien un «pouvoir nouveau».
2) Ils écrivent aussi que «cette réforme s'est attelée à revaloriser les pouvoirs du Parlement ». Seule une lecture superficielle de ce projet permet d'affirmer de telles contre-vérités : en fait, en dehors de l'octroi de commissions à l'opposition, le texte fait surtout la part belle à la majorité. Comme l'explique un conseiller de l'Élysée, «paradoxalement, le parlement n'a aucun pouvoir en régime parlementaire».
3) Ils écrivent enfin que cette réforme donne «des droits nouveaux aux citoyens». En réalité, l'appel à référendum est si encadré qu'il a peu de chances d'être un jour expérimenté.
Par ailleurs, beaucoup de ces soi-disant droits nouveaux sont, en fait, surtout des droits nouveaux pour les juges.
Bref, en faisant les malins pour valoriser le projet de Constitution, nos quatre mousquetaires aussi ont raté une occasion. Celle de se taire...

       

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