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Minutemen, ces milices américaines contre l'immigration mexicaine

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Nous publions ce reportage instructif de Marjorie Paillon d'Ilovepolitics.info sur la façon dont certains Américains de base, ici les Californiens, perçoivent la question de l'immigration.

Minutemen, ces milices américaines contre l'immigration mexicaine
San Diego, une enclave républicaine en terre démocrate. Une ville à la frontière entre les États-Unis et le Mexique que certains protègent, envers et surtout contre tout. Leur nom : les Minutemen.
Parmi eux, Jim Gilchrist, 59 ans, se sent investi d'une mission. Ce vétéran de la guerre du Vietnam, ex-journaliste local et self-made-man à la retraite, a créé il y a aura quatre ans en octobre le Minutemen Project. Un nom hérité des premières milices coloniales qui défendaient âprement leur bout de terre pendant la guerre d'Indépendance américaine. Cette terre là, Jim y tient comme à la prunelle de ses yeux. Derrière ses jumelles qui scrutent la frontière américano-mexicaine, ce républicain convaincu croit au rêve américain. Précisément celui que les immigrants illégaux voudraient lui voler.
Si vous lui parlez de peur de l'étranger, il vous répond patriotisme. «Le patriotisme, c'est une chose culturelle ici. C'est la façon dont nous avons créé les États-Unis. Le premier amendement de la Constitution américaine défend notre droit à nous réunir de façon pacifique et à faire part de nos inquiétudes au gouvernement. C'est exactement ce que nous faisons avec le Minutemen Project. Pourquoi? Parce que nous sentons cette menace contre notre souveraineté, contre nos classes moyennes qui travaillent durement, contre nos enfants.»
La menace contre laquelle Jim a armé son groupe de patrouilleurs des frontières, c'est l'immigration illégale. «Les Minutemen ne sont pas personnellement contre l'immigration. Mais nous croyons à une immigration régulée, avec un nombre limité d'étrangers qui ont un talent ou une profession spécifique à apporter à l'Amérique. (...) Nous voulons pouvoir accueillir des gens civilisés qui contribueront à l'épanouissement de ce pays pour les 232 prochaines années à venir. Alors oui, ça veut dire que des millions de personnes ne pourront pas venir ici. Trois milliards de pauvres gens sur cette terre adoreraient venir aux Etats-Unis et profiter de notre système de santé et de nos écoles. Je leur dit non, vous ne pouvez pas venir chez nous.»

Minutemen un jour, Minutemen toujours
Aujourd'hui, le gouvernement américain estime que 12 millions d'immigrés sans papiers vivent sur son territoire. Un chiffre que les Minutemen contestent, mais qui est en fait impossible à évaluer. «Environ 37 millions d'étrangers illégaux occupent ce pays. L'histoire des 12 millions, c'est un mantra gouvernemental. (...) Si nous laissons ces illégaux s'installer, ce ne sera plus le melting pot, mais un sac de marbre avec chaque pierre tapant sur l'autre pour imposer sa propre langue et sa propre culture. Et dans 100 ans nous ne serons plus les Etats-Unis d'Amérique mais les «États-Divisés» d'Amérique. Ici, dans le sud, nous serions «les Etats-Unis du Nouveau Mexique», le Midwest serait «les États-Unis des Pays Arabes» à cause de la concentration de musulmans vivant là, en Floride ce serait «le Nouveau Cuba».» Un nouvelle carte de géographie qu'ils comptent bien ne jamais devoir apprendre à leurs petits-enfants.
Alors, pour toutes ces raisons, Jim et ses Minutemen patrouillent chaque jour ou presque le long de la frontière. Pas à San Diego près de Tijuana, mais plus loin, dans le désert. Quelque part entre Campo et Patriot Point, le bien nommé. Leur travail : ouvrir l'œil et le bon, pour seconder les policiers fédéraux. Bret, un autre vétéran qui a perdu son œil gauche au Vietnam, passe quatre jours sur sept à sillonner ce causse, arme à la ceinture (pour sa propre protection insiste-t-il), seul avec son chien Buddy dans une camionnette aménagée en bunker. «Le Border Patrol ne peut pas être partout. Nous, nous savons où les étrangers passent, nous pouvons les observer, voir les mouvements de l'autre côté de la frontière. Quand j'en vois un, je donne immédiatement son signalement au Border Patrol. Leur check point est plus loin, dans les terres. Je les laisse aller jusque là-bas, comme ça, les officiers peuvent les attraper en territoire américain, et ont le droit de les renvoyer directement de l'autre côté. En 3 ans de patrouille, j'ai du aider à en renvoyer près de 1000. Et ça, j'en suis fier.»

L'immigration illégale, un casus belli pour l'élection 2008
Le candidat des Minutemen n'est certainement pas John McCain. Pas plus que George W. Bush ne l'était en 2000 ou 2004. «John McCain est un traître. Je ne sais pas comment les gens en Arizona peuvent encore voter pour lui. Quant à George W. Bush, c'est l'ami des Mexicains. Vous saviez que son petit frère, Jeb, est marié à une cousine du président mexicain Vincente Fox ?»
Non. Leur candidat serait un savant mix entre le pasteur d'Arkansas Mike Huckabee, l'anti-musulmans, anti-immigrés, anti-tout Tom Tancredo, qui avait remis l'immigration au centre du débat au début des primaires républicaines, et Ducan Hunter, le régional de l'étape.
A leurs yeux, John McCain symbolise une sorte de grand Satan pro illégaux. Bien qu'ils le respectent pour son passé militaire, parce qu'il est vétéran du Vietnam comme eux, ils voient en lui celui par qui l'immigration illégale pourrait être régularisée. McCain a pourtant durci sa position sur le sujet, en prônant une sécurisation des frontières avant toute application de sa fameuse réforme bipartisane de l'immigration, défendue aux côtés de Ted Kennedy en 2005. Pas assez à pour eux. Quant à Obama, il n'a bien entendu pas plus de chance d'attirer leurs votes. Peut-être parce qu'ils pensent que l'élection est déjà jouée. «Je pense que Barack Obama sera à la Maison Blanche en novembre. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous, mais s'en est une pour les illégaux. Obama veut dissoudre les Minutemen. Qu'il essaye.» Alors, pour qui voteront-ils ? Probablement pour un Parti indépendant, comme celui de Bob Barr ou de Chuck Baldwin. Ou alors ils ne feront pas le déplacement jusqu'aux bureaux de vote. Une abstention qui pourrait faire du tort au Parti républicain. Et diviser un peu plus l'Amérique.


Pour consulter les autres articles du blog Ilovepolitics.info, cliquez sur ce lien.

       

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