Pendant une semaine, les Mariannautes se sont transformés en Charliphiles. Débats passionnés, discussions de fond mais surtout révolte et gros blues. Qui se dévoue pour faire une vanne ?
Les Mariannautes ont laissé plus de mille deux cent commentaires au bas des quatre articles consacrés à la crise qui secoue
Charlie hebdo cette semaine. Eh oui,
Charlie fait marrer les lecteurs de
Marianne, on s'en doutait, le rapport qu'ils entretiennent à l'hebdo satirique est intime, passionné et de ce fait, passionnant. Les propos autour du licenciement de Siné et de l'article incriminé ont donné lieu à des débats suivis. Lorsque le
premier article paraît sur Marianne2.fr, vendredi 11 juillet, les commentaires défendent d'abord Siné.
«J'ai pas compris où ils voyaient de l'antisémitisme», écrit simplement Mescal.
«Aucun antisémitisme là dedans. Il dit exactement la vérité et jusqu'où le clan Sarkozy peut aller par pur profit», poursuit bloupbloup, fidèle contributeur de Marianne2. Et vous êtes nombreux à attaquer Philippe Val…
Quand Charlie boit la tasse, les lecteurs trinquent
Mais Trofaziel fait rebondir le débat, quelques jours plus tard, lorsqu'il apprend que
Siné est «zappé» du journal :
«le texte de Siné est ambigu et peut parfaitement être attaqué en justice même si son auteur n'est pas antisémite, écrit le Mariannaute.
C'est ce qui a provoqué cette levée de boucliers, même chez i[Charlie. Et Val (le méchant Val, vendu aux sionistes pour certains "sinéphiles") a fait confiance, sans relire l'article d'un de ses confrères, on voit où ça mène. Il serait mieux que tout le monde mette de l'eau dans son vin, Siné compris. Mais de sa part, j'en doute, il est bien trop attaché à faire valoir sa réputation libertaire et d'anar provocateur, qui aurait tous les droits. C'est pratique, ça enlève tout sens de la responsabilité.»]i Le Mariannaute enfonce le clou un peu plus loin, citant Desproges :
«Siné possède la particularité singulière d'être le seul gauchiste d'extrême droite de France.» Au-delà des discussions sur l'antisémitisme, finalement, c'est
Charlie qui vous intéresse. Ce sont les signatures que vous suivez depuis si longtemps, qui vous font rire, vous choquent ou… comme ces derniers jours, vous déçoivent.
Une vanne, par pitié, vite !
Car qu'on soit pro-Siné ou pro-Val, ou
ni l'un ni l'autre, une chose est sûre : cette affaire est trop triste, trop lourde, pour que le journal le plus drôle de France puisse la porter sans peiner. Quand Siné se fait zapper, c'est
Charlie qui paye l'addition. Quand Siné attaque Claude Askolovitch en justice pour diffamation, c'est encore
Charlie qui paye l'addition. Quand Guy Bedos lance
«Val est à Charlie ce que Sarkozy est à la France», la note augmente. Peu à peu, le doute s'installe. Les lecteurs se demandent si
Charlie peut encore être impertinent dans un monde en pleine crispation, crise politique, économique et sociale oblige. Certains, comme Savona Tov accusent :
«Charlie a peur d'un procès, i[Charlie a les chocottes, les foies, la trouille»]i. Vous attendez que
Charlie relève la tête. Mais Philippe Val est sur répondeur. Il a reçu des
« menaces physiques », sa
« boîte mail est saturée de mails d'insulte ». Il ne veut plus s'exprimer, il est écoeuré. Franchement, c'est pas drôle. Il serait temps que quelqu'un fasse une vanne.
«Tant Val à cruche à l'eau qu'à la fin, Siné se casse… », a tenté Bouldu. Si vous en avez d'autres, c'est le moment.
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