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Calvi on the rock, Ardisson on the down

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Suite de notre série up and down du Paf. Si le mercato 2008 fait la part belle au solide gaillard de « C dans l’air » qui pose des questions sur le pouvoir d’achat avec sa grosse voix, il enterre définitivement le glamour né des années 80. Et Ardisson avec.

Changement de siècle, changement d'époque, changement de télé. Les paillettes, la hype de prime façon Ardisson, la Jet set qui se marre et les blinds tests avec Jean-François Copé, c'est fini. Aujourd'hui, France Télévision assume le retour au bon vieux débat politique, cheap, classique et sans chichi, façon Yves Calvi, l'homme qui fait les gros yeux quand il interviewe le Président et répète trois fois ses questions s'il le faut. Pour le reste, il y a Drucker. Le paf nouveau fera peut-être un flop, mais dans la dignité et le respect des pères fondateurs de L'heure de vérité.

Le roi du Paf ringardisé
Du coup, le mercato 2008-2009 fait mal aux écrits des hommes du passé, pardon, d'il y a deux ans, qu'on croyait éternels. Bling-bling avant l'heure, Thierry Ardisson est aujourd'hui dépassé, enfoncé par une actualité qui n'a plus besoin de lui pour offrir en pâture l'intimité des hommes de pouvoir, leur naturel mal élevé ou leurs fautes de goût. Vingt ans à forger son style, à imprimer sa marque jusqu'à en devenir une, et pourtant, le pape de la grand-messe du samedi soir aux 27% de parts de marché n'est même plus mentionné dans les va-et-vient de la télé scrupuleusement recensés par Jean-Marc Morandini. Tout juste a-t-il droit à une brève ici ou là sur quelques sites spécialisés pour glorifier le petit million de spectateurs (9% de parts de marché les meilleurs jours) de Salut les Terriens. Comme s'il était mort et enterré, on lui consacre même des soirées souvenirs.

Plus personne n'en parle
En mai 2006, il publiait dans Libération une lettre à Patrick de Carolis : « C'est un miracle que tu fusilles », écrivait-il à propos de son émission, Tout le monde en parle. « Cette lettre suffira à expliquer l'incroyable dysfonctionnement de tes services et leur non moins incroyable rigidité », concluait-il gravement. Sur un site déserté figure encore la pétition pour sauver son Tout le monde en parle. Mais les méchants d'hier sont les rebelles d'aujourd'hui. Et Patrick de Carolis, ex-ami du pouvoir et biographe de Bernadette Chirac est, depuis quelques heures, un résistant…

L'homme en noir n'a plus d'amis. L'homme en gris, si.
Avec Ardisson, c'est une impertinence tendue de velours rouges qui disparaît. Celle qui demande à Rocart si « sucer c'est tromper », à Luc Ferry si fumer des joints, c'est de droite… Le peopolitique se recentre. Crise du pouvoir d'achat, crise des institutions, crise de la construction européenne, crise... A Sarkozy, Yves Calvi, le champion du « on se demande quand même… », sous-entendu « nous, les Français… », est encore ce qu'on oppose de mieux. L'accent bourru de la plèbe plutôt que les sarcasmes du royaliste. Ne pas répondre à Calvi, c'est envoyer bouler la France entière. Monsieur loyal dans un décorum épuré, cintré dans des chemises bûcheron, Calvi est le nouveau chouchou de France Télévision et d'Arlette Chabot. Quelque chose de commun dans le regard, peut-être, une apparente mauvaise humeur, comme un rempart fragile à la séduction des hommes de pouvoir. RTL le voulait, Europe 1 le regrette, France Inter l'a eu, France 5 ne s'en sépare pas et France 2 le cajole. Même si les gros yeux oublient parfois de se froncer lorsque le Président confond « naturalisation » et « régularisation » des immigrés… A la télé, les ratés ne sont pas rediffusés. Bref, en 2009, qu'on se le dise, finie la rigolade. En même temps, pour contrebalancer les rires complaisants des confrères lors de la conférence de presse Nicolas Sarkozy en janvier, il fallait au moins ça. Et Ardisson alors ? Avec Ardimage, sa boîte de prod', il préparerait un film, L'empereur de la nuit. L'histoire d'un homme qui règne sur le tout Paris de la night… même pas un drame, juste un songe fugace que dissipent les premières lueurs de l'aube.



       

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