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Anne-Marie Idrac l'a clamé haut et fort vendredi 18 juillet à Bruxelles : la secrétaire d'Etat française au commerce espère maintenir la "cohésion" du camp européen lors des négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La présidence française de l'Union européenne (UE) aura pourtant fort à faire pour tenir sa promesse.
Depuis quelques semaines, le torchon brûle entre le négociateur européen, Peter Mandelson, et Paris. Vendredi, le commissaire au commerce a boudé la conférence de presse d'une réunion des ministres du commerce convoquée par la présidence française de l'UE afin de lui rappeler les limites de son mandat. "L'UE a épuisé ses marges de manoeuvre et ne peut pas aller plus loin" dans le domaine agricole, a martelé Mme Idrac, tandis que M. Mandelson revendique une certaine flexibilité dans l'hypothèse d'un compromis qu'il juge "faisable". Le commissaire, qui jouera son va-tout à Genève, considère que les critiques de M. Sarkozy à son égard risquent d'"affaiblir" la position des Européens : au premier jour de sa présidence de l'UE, le chef de l'Etat français lui a de nouveau reproché de vouloir "sacrifier l'agriculture sur l'autel du libéralisme mondial".
Au-delà du conflit entre Paris et Bruxelles - un grand classique dans l'enceinte de l'OMC -, la plupart des Etats membres insistent sur le nécessaire "rééquilibrage" entre les deux principaux piliers de la négociation : agriculture et produits industriels. Mais la fermeté de leur argumentaire varie au gré de leurs intérêts nationaux. Certaines capitales sont prêtes à faire des concessions dans le domaine agricole à condition d'obtenir des contreparties suffisantes de la part des Etats-Unis et des pays émergents. L'Allemagne exige ainsi de limiter les mécanismes qui pourraient entraver les exportations de ses constructeurs automobiles. Le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark soutiennent la stratégie de M. Mandelson afin d'arracher coûte que coûte un compromis susceptible de soutenir le commerce mondial, au moment où la conjoncture subit l'onde de choc de la crise financière.
Avec la France, ce sont les pays attachés à leur agriculture, comme l'Espagne, l'Italie, l'Irlande ou la Pologne qui sont les plus véhéments pour dénoncer le "déséquilibre" des pourparlers.
Vendredi, tandis que Paris se devait d'afficher une certaine neutralité au nom de la présidence, le ministre irlandais s'est montré très dur envers M. Mandelson, dont il a jugé certains propos "incorrects et inutiles" : John McGuinness a rappelé que les négociations de l'OMC avaient été un sujet sensible lors du référendum négatif sur le traité de Lisbonne, le 12 juin. Il a indiqué qu'un veto était "une option" en cas d'accord trop déséquilibré. "Le cas irlandais manifeste de la manière la plus vive le besoin de pilotage politique" des négociations, a dit Mme Idrac, vendredi. Un principe que M. Sarkozy ne devrait pas manquer de marteler lors d'une visite à Dublin, lundi 21 juillet, alors que s'ouvriront les négociations de la dernière chance à Genève.
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